Sa paupière se souleva doucement. Il y avait quelque chose de maladroit dans cet acte, comme un reste de naïveté enfantine ponctuée d'une colère d'adolescent. Sa
main frotta ses yeux : on voyait trouble à cette époque là.
" Alors comme ça, on s'essaye à jouer les jeunesses révolutionnaires ? On se croit être parmi les justes, ou bien as-t-on conscience de son hypocrisie et du manque de tact de son entreprise
?
- Vous savez, ce n'est qu'une manière comme une autre de se croire passablement utile. Je suis certain que quasiment tous sont atteints de cette étrange maladie qui donne l'envie de partager ce
en quoi l'on croit, ce qui nous semble si utopique et si nécessaire, et qui nous force à cracher dans des quintes de toux le monde qui nous entoure.
- Mignon... Touchant, irais-je même jusqu'à dire.
- Et bien ? Ce serait déjà ça de pris ! Après tout, le propre des hasardeux rêveurs, est avant tout de tomber là où l'on atteint les autres dans ce qu'il y a de plus efficace et de plus beau : la
subjectivité aux portes de la raison.
- Je crois que vous vous emballez un peu jeune homme !
- C'est vrai. Je m'emballe, je m'emballe. Mais j'ai l'excuse de la jeunesse : c'est vrai, au final, si je ne crie pas maintenant, quand pourais-je réellement le faire ?"
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Et s'il existait un endroit imaginaire où l'on pourrait partager ce qui coule du bout de nos crayons ? Et si l'on pouvait s'approprier cet endroit, jouer sur les mots et le monochrome ? Et si, qui sait, si ce que l'on écrivait dans notre névrose contrôlée pouvait résonner dans l'iris d'un autre ? Pourquoi pas, ça vaut la peine d'essayer !!!
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Si l'on observe bien autour de nous, on s'aperçoit que le monde est particulièrement surréaliste. Du moins, il l'est assez pour qu'un jeune étudiant banal érige en arme l'absurde et les situations sorties tout droit de rêves éveillés...