Tranche de mots

 
 


Tranche-de-mots.jpg



 

J'ai mal

08/05/06

La multitude

Plaie

Il reste encore du temps

Jeux oulipiens

Tu me tues

Sans titre (Je ne sais pas s'il y a...)

Ce soir

Reste d'utopie

Sans titre (Je Je Je...)

 


-



 


 

J'ai mal

 


Je saigne des larmes amères,
des lueurs enfantines,
une nuit qui crève l'absence en silence,
une prière perdue dans l'oubli,
une peur figée :
J'ai mal...

 



08/05/06


À quoi bon crier dis-moi /
silence /
terre à l'horizon /
terre d'oraison /
funèbre à souhait /
souhaite-moi bonne chance /
muette insolence /
délires paranoïaques /
rêve /
silence /
À quoi bon crier dis-moi /
dis-moi pourquoi /
quand /
comment /
où /
et pourquoi /
un chien de garde dort /
silence /
un chien, de rage, mord /
mal /
mal de chien oui /


Je ne réfléchis pas. Je réfléchis trop et ça ne mène nul part. Rien à vomir. Rien à manger. Rien à souhaiter. Rien à subir. Juste du vide, du vide qui envahit toute la place. À choisir, qu'est-ce-que tu prendrais toi, entre vide et rien ? Dis-moi, qu'est-ce-que tu prendrais ? Pourquoi ça suinte ? Pourquoi j'ai peur ? J'ai peur de rien ! Non, rectification : j'ai peur du rien. Ou du vide. Bref, je tourne en rond...


-


Une bulle qui grossit,
Bulle de rien,
Vide de l'ennui,
Une ville au matin...


Ça se crève, ça se crève...
Passe-moi l'aiguille,
Et chante moi encore cet ancien rêve,
Celui du désir qui fuit, qui s'enfuit...


-


Ah... Argh !!! C'est plus guttural quand même, ça arrache plus la gorge ! Dis-moi encore que c'est la fin du rien ! Dis-moi encore que je n'ai rien perdu, si ce n'est mes deux mains, mon coeur, mon corps et ma cervelle bouillie. Dis-moi encore que cracher fait du bien, dis-le, ça ne changera rien à rien, ça ne tuera pas le vide, juste quelques vibrations dans l'air !


...

...

...

Chut.

Prends juste ma tête pour la mettre à l'envers !


...

...

...

Voilà.

C'est mieux ainsi non ?
C'est mieux assis non ?


J'ai le mal de mer.

 



La multitude


Se vider la tête,
Casser le silence :
Mille morceaux de mots,
Mille berceaux à l'eau.


Soulager sa conscience,
Crever d'excès,
Mourir d'abcès,
Milles injures salines.


Oh...
Le ciel,
La terre,
Et toi au milieu...

Salutations camarade !
Que la nuée nous étouffe,
Que le bâillon nous encercle...
(Décision immédiate.)

 



Plaie


Saigne un peu pour voir.
Du rouge,
Du bleu,
Du vert et du noir.

Tu comprends mieux maintenant,
Pourquoi on crie,
Pourquoi on vit ?
Signaux étranges,
C'est la mer.


Saigne un peu pour voir,
Du meurtre,
De la haine,
Du racisme et du noir.

Tu comprends mieux maintenant,
Pourquoi on se cache,
Pourquoi on se remâche ?
Signaux étranges,
C'est l'histoire.


Saigne un peu pour voir,
Du coeur,
De l'aorte,
Du vin et du noir.

Tu comprends mieux maintenant,
Pourquoi je pleure,
Pourquoi je hurle ?
Signaux étrange,
C'est la rage.

 



Il reste encore du temps.


Ignorance abêtie des
Lois de l'ivresse /


Rêve d'un petit homme
Encore du temps du
Sang de révolte qui
Tangue dans un vide
Ennuyeux /


Ennemi de ton silence
Ni blanc ni noir ni
Couché avant l'aube
Ou après la terre
Râle sucré de ton
Éphémère sensation /


Du final en pagaille
Un petit peu de /


Toi moi oui non
Et tout ça s'efface
Minable vie
Puis adieu
Sale petite conne...

 



 

Jeux oulipiens


Alors, belle comme des enfances fissurées, géante, hagarde, irréelle jeune kantienne, la mort naît, oscille, pâlit quelques rires sadiques, tord une vie : wahhabisme xénophobe, yin-yang zigzaguant...


-


Ô , le vif mâle malin, encore souillé, toujours sacralisé, pleinement martyrisé, existant, présent, absent, juste pour toi ma L.


-


Habile chant,
hachant bile,
Ah, ah, ciblent...
(L'habite Chan...)


-


Alunir ce cri, ni fessée, ni inées1, se finir ce cri nu là.




1 : petite liberté orthographique...

 




Tu me tues


Tu vois, toi, tu me tues.
Comme ça, sans rien dire,
Tu tombes à terre.


Avec ton silence,
Ton nez de travers,
Et tes yeux tout vides,
Tu me tues.


Avec ta froideur,
Ta raideur,
Et tout ce que tu tais,
Tu me tues.


Avec tes cris,
Ton corps tout tordu,
Et quelques timbales en étain éparpillées,
Tu me tues.


Ça se serre sous ma gorge,
Sous mon cou se terre ta main...
Tu vois, toi, tu me tues,
Comme ça, sans souvenirs,
Tu tombes à terre.


-


J'ai presque envie de cracher tellement la nausée monte.
Pourquoi fait-il si noir dehors et si pâle sur sa figure ?
Je veux redevenir enfant.


-


Tu te rappelles ?
Tu te souviens ?
Tu me tuais, tu m'entendais...
Tu tombais sous terre, je repoussais.
Et le vert, le vert, je n'y aurais pas cru...


-


Une file de gens en noir. Ils attendent. Ce sera bientôt leur tour. Ce sera bientôt fini – ils attendent. Les gens sont silencieux. Je ne vois rien. Je n'entends rien. Pourtant, le barbu parle, et les gens chantent maintenant – je n'entends rien. Et mes yeux sont tellement pris par le brouillard que je vais bientôt me condenser. Ce serait juste le temps d'un petit jeu : je deviendrais liquide, je coulerais, tranquillement, me mouvant le long du sol, et, à un moment où un autre, je trouverais un endroit ou m'arrêter, herbes sauvages, je me laisserais absorber par la terre (éponge épaisse et noire)... Je croiserais des vers, des fourmis et des limaces, je me tortillerais et me rapprocherais d'une longue racine noueuse et nerveuse... /


                                                        / Elle me boit. Je retourne aux origines. Je suis source. Je me taris. Le liquide se mélange à la sève, je sens tout qui vibre, je sens le givre fondre sous mes paupières : je ne suis plus que bouffées d'oxygène. Tout éclate alors : la lumière du soleil et le vert des feuilles. Je suis air. Je suis à ma place. Mais tu n'es pas là, et, au loin, je vois la file des gens en noir qui me serrent la main et m'embrassent.


-


Tu me tues
Tu me tues
Tu me tues
Tu me tues
TAIS-TOI


-


Non. Non. Parle, crie, remue, tue-moi, tue-moi je t'en prie...
Ne reste pas là avec tes yeux dévissés et ton sang coagulé...
Ne t'incruste pas dans ma tête, ce n'est pas ta place...
Tu me tues comme ça,
Tu me tues comme ça,
Tombé sur ton carrelage – un mirage.


Tu me tues, tu me tues...
Tu es tombé, mort, là, par terre.
Tu es mort, là sous terre...
Et avant ton silence, avant ton insouciance suspicieuse, avant de te taire,
Tu m'as tué à l'adrénaline :
Rien qu'un petit choc qui coupe le souffle.


-


Respirons :
La vie est belle.

 

 

 



Sans titre


« Je ne sais pas s'il y a une vie après la mort, mais je suis certaine qu'après la vie, il y a la mort ! »


La déclaration de Madame ****** a déclenché un chaos au sein du rêve occidental : pour la première fois, la voix du reste s'est levé contre l'endiguement sanguin. On dit même, qu'après avoir fait sauter la bombe, la tête de Madame ****** s'est retrouvée fragmentée en une dizaine de toutes petites langues acides qui se sont jetées à la gorge des vieux barbus.

 


De toutes petites langues acides.
Si, des lentes complaintes ne reste plus que...
Si, décidément, de toutes petites langues acides...
Alors, il ne reste plus qu'à dire...

 


Il n'a rien répondu. Il s'est signé, a regardé le ciel d'un air triste et a apposé son paraphe dans un coin nuageux. (triste conclusion à laquelle on en arrive, il ne reste plus que ça, ce petit bout de flamme léchant le ciel dans une lumière bleutée)

 



Ce soir


Ce soir ma peau ripe sur ma mémoire,
Encre noire, vilain portrait, miroir :
Tout éraflé, tout brisé,
Pourtant à peine usé.
À travers la faille : une seule image,
Un dernier mirage.


On avait rien demandé,
On avait rien fait.
Plus question de révolution,
À peine de compassion.
Juste des trous aveugles,
Qui jouent à croire en tout.
On stagne dans l'indifférence,
On se soigne dans l'insouciance.
Rien, plus rien qu'une marionnette,
Qui s'agite vainement,
Qu'on évite sagement...
Rien, plus rien qu'un pantin,
Qui se croit à même de décider,
Qui croit pouvoir avancer...


Pourquoi tant d'hypocrisie ?
Ton coeur est malade ?
Vide tes entrailles sur le trottoir,
Le coeur n'est qu'une utopie,
La chair bronze et s'effrite,
À l'abri dans une jolie boîte en carton.

 


Ce soir, ma peau ripe sur ma mémoire,
Encre noire, tenace miroir :
Tout sali, tout luisant,
Pourtant si peu vivant.
À travers les mots : une seule image,
Un seul et mince mirage.


Tu crois en moi ?
Je crois en toi...
Merci, c'est normal :
On se fait confiance,
On se confesse nos errances.
Pourtant, tout bascule dans l'obscurité,
Tout se change en vide à combler.
Pourquoi est-ce-que j'y crois encore,
En cet homme que l'on peut construire ?
Alors que, souvent, je lui tiens la lame,
Qui dessine de jolis petits hiéroglyphes,
Qui rougissent de polis symbolismes,
La douleur crache-t-elle son venin ?


Sont-ils les reflets de l'analyse pharmaceutique,
Ces perdus qui m'attirent et m'invitent ?
La prise de sang est bien trouble,
Aucune bulle en ébullition,
À peine un fracas qui se reprend,
Même pas un tracas qui se repent...

 


Ce soir, ma peau ripe sur ma mémoire,
Encre noire, minable miroir :
Tout simple, tout lézardé,
Pourtant à peine altéré.
À travers les nuages, une seule image
Un seul et unique mirage.


Notre avenir qui s'étend doucement,
Il suffit d'y croire, rien que ça...

 



Reste d'utopie


Il s'est passé quelque chose...
Il suffisait d'y croire pour enfin sombrer dans l'illusion.


(un geste déplacé, un mouvement de main)


Elle voulait tellement s'y accrocher...
Elle avait besoin de construire ce mur de brique, de tailler à même le coeur.


(un reste de nausée, un relent d'amertume)


On a beau toujours espérer...
On a beau s'inventer mille et une petites histoires fragiles.


(un silence s'est posé, un silence meurtrier)


Il leur restera le poids des mots...
Il leur arrivera de s'oublier enfin pour plonger dans l'illusion.


(Rêve)

 



Sans titre


Je Je Je Je Je
N'est-ce pas agaçant à la fin cet égocentrisme des sentiments
Prends mes tripes et souffle dedans
C'est ça la solidarité
Oh ça vibre
Il faut m'excuser mon ça prends le dessus et mon surmoi disjoncte totalement
C'est la philosophie des humanoïdes
Un léger parfum de Freud à la menthe qui flotte dans l'air
Une inconscience de sa conscience mêlé à une intersection de rêves
Dors bien et prends tes cachets mon petit névrosé
Parle Parle Parle
Ça soulage tu verras
Psychanalyse-moi tes doutes et envoie tout valdinguer
C'est Oedipe qui s'en prend plein la face
Reste les marmots
Ils sont beaux eux
Il sont bien eux


Si on régressait ?

 

Présentation

  • pohesies
  • : Et s'il existait un endroit imaginaire où l'on pourrait partager ce qui coule du bout de nos crayons ? Et si l'on pouvait s'approprier cet endroit, jouer sur les mots et le monochrome ? Et si, qui sait, si ce que l'on écrivait dans notre névrose contrôlée pouvait résonner dans l'iris d'un autre ? Pourquoi pas, ça vaut la peine d'essayer !!!
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Profil

  • : Tibo
  • pohesies
  • : Si l'on observe bien autour de nous, on s'aperçoit que le monde est particulièrement surréaliste. Du moins, il l'est assez pour qu'un jeune étudiant banal érige en arme l'absurde et les situations sorties tout droit de rêves éveillés...
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