o~O~o

 



Un

Deux

Trois

Quatre

Cinq

Six

Sept

Huit

Neuf

Dix

Onze

Douze

Treize

Quatorze

Quinze

Seize

Dix-sept

Dix-huit

Dix-neuf

Vingt

Vingt-et-un

Vingt-deux

Vingt-trois

Vingt-quatre

Vingt-cinq

Vingt-six

Vingt-sept

Vingt-huit

Vingt-neuf

Trente

Trente-et-un

 

-

 

 

 


 
Un


 

Eau rage détresse

(sur la pente ivre

vacillante)

 

Couleurs de mai sourire.

 





 

En haut froid

En bas plat

 

(des caravanes vibrantes étirent leur toile)

 

Elle accroche sa tête à un foulard,

irréelle verticale, floue,

son ombre lie les deux continents.

 

En haut bleu

En bas toi




 


 

Le futur présent sera passé de mode d'ici quelques temps...

 

(et ce, quelle que soit la couleur du ruban) 

 

 




 

« Ce qui est post christ-homme

ne s'écrit pas nécessairement

à la fin de l'histoire. »

 

Une plume trempée dans des veines figées :

Fil linéaire ou ondes concentriques, progrès,

La vision ne s'arrête plus aux cils électriques.

 

*

 

Si, les ciels fades faiblissent.

Si, rouge.

Croyance.

   

 




 

Milliers d'images,

Mimes visages,

Résonnent.

 

Résonnent.

 

Une nuit sourde,

Œil ciselé,

Desseins colorés.

 

Résonnent.

 

Notes qui se peignent,

Piano à voix,

Partitions mineures.

 

Résonnent.

 

Dans ma tête,

Les milliers d'images,

Mortes nées.

 

Résonnent.

    

 



Six


 

« Beau bordel bordeaux, dit le bored-baron.

- Ah bon ? » répond lady-bonbon.

 

(des litres leur en coule dans la gorge)

  

 




 

Amoureux armés de feu,

Rament sur fumée lumineuse.

 

Éclair.

 

Une aube avortée,

La silhouette au loin,

lumineuse.

 

Poudre.

 

(Éclair du matin

Poudre dans ses mains.)

 

Se pâment sur montée

lumineuse.

 

Lumineuse.

    

 




 

Il se tient là, debout,

seul au milieu de la pièce,

le regard vide.

 

Vide.




 
Neuf


 

Sur tapis velours rouge,

Une onde qui s'éclate,

sinueuse.

 

(Les ombres de verre crissent en harmonie.)

 

Sous sa gorge, râpeuse,

Les distances s'éloignent,

se distendent.

 

(Les sombres verts s'immiscent sans discernement.)

 

Comme du miel mélancolique,

Collant aux palais balbutiants.

Miel byzantin, or liquide.

Mélancolie douteuse, écorce.

 

(Les ombres vertes dansent dans de vives eaux.)




 

Dix

 

Des pas immuables tracent de pâles idées,

Hallucinées, aube rougissante, traînent.

 

(Illusion)

 

Alors que la fin s'annonce déjà, sourde,

Les visages blanchissent et ne veulent y croire.

 

(Foi)

 

La mère touche son ventre, plat, éreintée,

Prête à sombrer, fière, elle attend sa revanche.

 

(Le réveil sera douloureux)


 



 

Vert galant,

Vert scabreux.

 

Sanguinaires,

des points jaunes

brillent,

phares de l'oubli.

 

Et tes lèvres se fanent de désir,

fardent mon envie,

puis s'éteignent dans une dernière brûlure.


 


 


 

Trous dans le bleu.

La toile se déchire lentement,

L'air et la lumière s'engouffrent.

 

L'air de rien,

Des mimes sous les yeux.

 

Lumière du soir,

Des rimes sur les lèvres.

 

Et s'élance la dernière parole.

Le ciel s'estompe, s'efface :

Des trous dans le bleu.

 

 

 



 

La nuit, les files de noctambules

gravissent des marches nimbées de brume.


Insomniaque mirage,

Des centaines de corps blessés s'attachent,

Se dévisagent.

 

Et toi,

Ton cœur en collier,

Une lumière triste dans les yeux, rouge,

Une promesse offerte,

Tu restes immobile.

 

Alors que les lunatiques lampadaires s'éteignent,

Tout au loin, irréels,

Tu éclates dans une lueur au bout de la rue.






 

À l'abri des tonnerres,

Bris de verre, brise légère,

Minutieuse manie,

De rajouter du pourpre là ou ici.




 


 

Souvenir de nuits anciennes.

Je me rappelle les palpitations impulsives.

 

(silence dans une caresse)

Souvenir de toi.

Souvenir dans mon ventre.

 

(ça se tord)

 

Souvenir des rites interdits,

Les immaginations hâtives.

 

(caresse dans un silence)

 

Souvenir de toi.

Souvenir perdu.

 

 




 

Les sentiers ruissellent de soupirs,

L'ombre avance dans des sonorités suintantes,

Et je crève sur le bord des silences.

 

 




 

Je ne suis pas las des entrechats,

Je n'aime pas ça, je n'aime pas ça.

Même si, même si parfois je suis las des lilas,

Même si, même si je ne suis pas là pour parler de ça,

Même si, pourtant, parfois, je suis las des entrechats.

   

 


 


 

Dix-huit petites huîtres m'ont coupé des coquillages,

Dix-huit petits sages m'ont soufflé ces bruitages.

 

Et j'aligne tranquillement les dix-huit petites plages,

Celles qui n'existent pas, mes dix-huit chronophages.

 

Celles qui trois fois dix-huit parfois s'effritent,

Celles qui, pourquoi pas dix-huit, restent très petites.


 




 

Je ne suis pas quelque chose qui s'écrit,

J'ai beau poser ma prose, je n'ajoute que des mots,

Je ne descend que des pentes prévues,

Je ne tremble que pour des pires attendus,

Je gerbe et j'oublie,

Et alors,

Et alors,

Alors ?

 

   


 


 

Alcool, vin, rue des amers.

Vie, alertes, runes des averses...

Pourquoi pas...

Pourquoi pas.

 

Et les symboles s'inversent,

Jouent des signes renversés,

Pourquoi pas...

Pourquoi pas.

 

(ruines de vibrations)


 


 

 


 

Cataclysme

Irresponsable douleur destructive

Langueur réaliste dépressive

 

 

Non, mon adoré, nous n'irons pas ensemble voir de nouveaux feux d'artifices...


 


 

 


 

Lorsque, hagard, le son s'ébruite en parapluie,

Les marches s'ébranlent, s'escaladent sans s'escamoter,

Et la pluie ruisselle mollement sur nos nuques fatiguées.

 

 


 


 

Bizarres verrues ourlent sur de brèves agonies,

croquent la tranche et la déchirent,

laissent les corps vibrer muettement.

 

Quel spectacle affligeant, s'exclame-t-on vivement !

 

 

 


 

 


 

Frêles et fébriles insouciances,

Outrées du goût du jour

Et de l'impatience du temps,

S'agitent vainement, ivres dans ma tête.

 

 

 


 

 


 

Si l'on réduisait son incapacité à s'exclamer de stupeur mécanique,

Il craquerait d'hatives corrections, balancées vives dans son œil,

Dans ce qui coule encore au fond de ses couleurs d'étés,

Dans ce qui finalement reste, s'accroche et s'oublie...

 

 

 


 

 


 

Les mots dits,

plus encore que les traits noirs,

m'éclosent,

dans des balbutiements

stridents et indolores*.

 

 

* Sauf à l'occasion.

 

 

 


 

 


 

Sous de longues et pâles hélices.

Près du jour, libres, s'envolent.

Glisse sur des flots d'aciers.

 

(La silhouette diminue en une tache électrique)

 

Suspicieux, le marchand d'or s'y faufile...


 

 


 

 


 

Il s'y soustrait des accalmies passagères.

Il s'y pose des sources étrangères.

 

(On ne peut y voir trouble qu'en toutes circonstances.)

 

 

 


 

 


 

Ronde claire,

Béante, à ciel ouvert,

Sous des feux cuivrés – estampes éclairs.

 

Tonitruante de couleurs,

S'étreint dans la ligne d'horizon.

 

 

 


 

 


 

Il ressort de tout ça une trame indéfinissable,

Un lien incertain que l'on ne peut percevoir :

L'unité est caché dans l'éclatement,

La vérité n'apparaît, sur soi, qu'au moment ou on ne peut la comprendre.

 

 

 


 

 


 

Courts de mai :

Sensibles abstractions et rythmes alternés sans aucune continuité.

 

Cours de mais :

Pénibles tractations et secousses immédiates en toute inimité.


 



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  • Pohésies
  • : Et s'il existait un endroit imaginaire où l'on pourrait partager ce qui coule du bout de nos crayons ? Et si l'on pouvait s'approprier cet endroit, jouer sur les mots et le monochrome ? Et si, qui sait, si ce que l'on écrivait dans notre névrose contrôlée pouvait résonner dans l'iris d'un autre ? Pourquoi pas, ça vaut la peine d'essayer !!!
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Profil

  • Tibo
  • Pohésies
  • Si l'on observe bien autour de nous, on s'aperçoit que le monde est particulièrement surréaliste. Du moins, il l'est assez pour qu'un jeune étudiant banal érige en arme l'absurde et les situations sorties tout droit de rêves éveillés...

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